Réfugiés afghans, chronique de la journée du 26 septembre 2013.

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Depuis trois semaines, 400 réfugiés afghans occupaient un bâtiment du Samu social, siège de leur mobilisation politique, ceux-ci avaient organisé plusieurs manifestations devant différents cabinets ministériels. Le 25 septembre, le mouvement entendait bien faire entendre sa voix rue de la Loi où siège le Premier Ministre Elio Di Rupo. La suite a fait les gros titres de la presse, les Afghans se sont heurter à l’appareil répressif de l’Etat. Un enfant serait monté sur un barrage de police, un policier aurait réagi, provoquant la colère des manifestants. La police leur a demandé de partir mais les Afghans entendaient bien résister et voir le Premier Ministre. Résultat des courses, des enfants ont été gazés et la police a lancé la charge sur les manifestants à coup d’autopompes, de chiens et de matraques. Plusieurs manifestants ont été blessés et une septantaine d’entre-eux arrêté et envoyé en centres fermés.

IMG_6674 (Copier)Face à un tel déferlement de violence, le Collectif des Afghans ne s’est pas démobilisé. Dès le lendemain matin, il repartait pour une nouvelle manifestation devant le cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie de Block. Les afghans ont montré qu’ils ne baisseraient pas les bras si facilement face à l’injustice de leur situation. Réfugiés d’un pays en guerre (à laquelle a participé la Belgique) ils entendent réclamer leur droit légitime à trouver l’asile et la sécurité en Belgique.

IMG_7043 (Copier)Combatif, solidaire, auto-organisé le Collectif des Afghans l’est certainement. Trop sans doute aux yeux des autorités bruxelloises, qui quelques heures après la manifestation, profitant d’un arrêté d’expulsion, l’ont fait appliqué par les chiens de l’Etat capitaliste ; commissaire, huissier et police avec à sa tête un officier tristement célèbre des militant-e-s bruxellois-e-s. De quoi pensaient sans doute les autorités bruxelloises casser le mouvement. La rumeur de l’expulsion courait déjà dès la fin de la manifestation et les soutiens venus aider les occupants ont assistés impuissant à l’expulsion exécutée par plus d’une centaine de flics.

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En fin d’après-midi, des centaines d’Afghans se sont ainsi retrouvés en rue, priés « de partir rapidement, parce que le CPAS n’est pas ouvert toute la journée », dixit l’officier en charge. Les femmes et les enfants, ont trouvé une place dans une structure d’accueil du CPAS, d’autres ont trouvé une place ailleurs. Pour ceux qui restaient, la journée s’annonçait très longue.

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L’occupation de la rue du Trône, avait pour but pour les occupants de servir d’espace à leur mobilisation et à la politisation de leur situation. Ainsi,  pour ceux qui restaient, il fallait trouver un nouvel espace à occuper et recommencer la mobilisation.

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C’est ainsi qu’une cinquantaine d’Afghans entendait occuper le Hall des sports de la VUB pour la nuit. Arrivés sur place rapidement, le groupe s’organisa pour passer la soirée et la nuit. Du soutien vint réchauffer les cœurs et les estomacs. Aussi tôt les autorités de la VUB prévenues de l’occupation de leur Hall, ceux-ci s’empressèrent d’appeler les flics qui débarquèrent sur le campus. Les négociations avec le Directeur Général de la VUB semblant dans l’impasse, les Afghans s’empressèrent de quitter les lieux au nez et à la barbe de la flicaille locale pour trouver refuge ailleurs pour la nuit.

IMG_6691 (Copier)Plus que jamais le collectif des Afghans a besoin de soutien. Leur mouvement est politique, ils ne demandent  pas la charité mais bien la mobilisation et le soutien de toutes et tous. C’est pourquoi, nous appelons donc chacun-e-s, militant-e-s anticapitalistes, syndicalistes, et plus largement tous ceux et celles qui se reconnaissent dans leur lutte à participer à la mobilisation sans se soustraire au Collectif  des Afghans. Il s’agit dès à présent de créer des liens entre le mouvement sans papiers et le reste du mouvement social tout en respectant l’autonomie du premier  Nous appelons également les organisations  à se positionner aux côtés du Collectif. Organisations politiques mais également syndicales, il est temps de faire entendre votre voix contre la politique migratoire du gouvernement fédéral et soutenir les revendications du Collectif des Afghans.

La gauche au pouvoir aime se parer d’un visage plus humaniste que la droite, mais dans les faits la politique reste la même. De tout temps,  l’internationalisme et la solidarité ont été les maitres mots des mouvements ouvriers, rappelons-nous la signification de ces mots et qu’ils ne soient pas vains vis-à-vis des migrant-e-s et des sans-papiers !

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