Syndicalisme belge : Réveiller l’eau qui dort

Par San Vincente (CAL BXL)

Credit photo: mediActivista

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Les syndicats en Belgique ressemblent à un immense colosse endormi : 3,5 millions d’adhérents et d’adhérentes, soit un taux de syndicalisation de 52%. Pourtant, ils peinent à mobiliser contre les cures d’austérité. Mais les communistes libertaires continuent à y militer, conscients de l’outil qu’ils constituent.

Le paysage syndical belge est structuré autour de trois confédérations : la Fédération générale du Travail de Belgique (FGTB), la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) et la Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique (CGSLB). Comme dans de nombreux pays du Nord de l’Europe, les syndicats sont fortement intégrés aux institutions. Ce qui constitue une véritable force du syndicat constitue également sa principale faiblesse. L’État délègue une grande partie de ses fonctions sociales aux syndicats comme le versement des allocations de chômage. Le taux de syndicalisation découle donc principalement de cette offre de services.

Des syndicats puissants mais paralysés

De cette institutionnalisation et des conséquentes caisses syndicales découle une bureaucratie pléthorique coupée de la base. La verve grandiloquente des leaders syndicaux n’a d’égale que la vacuité de leurs actes. Ils sont actuellement dans l’incapacité d’organiser la résistance face à l’austérité. Cette dépendance malsaine envers l’État est doublée d’un lien organique avec les partis politiques régulièrement au pouvoir : la FGTB avec le parti socialiste, la CSC avec les partis centristes-chrétiens et la CGSLB avec les partis de centre-droit. Tout cela concourt à une désaffection « morale » du syndicat qui a de plus en plus de mal à mobiliser malgré un nombre d’adhérentes et d’adhérents en constante augmentation.

Cependant, tout n’est pas noir. Depuis quelques années, on constate un renouveau des bases syndicales déterminées à reconquérir leur appareil syndical et à le remettre à leur service, et ce dans toutes les confédérations, indépendamment de l’État et des partis du pouvoir. On peut citer dans le mouvement chrétien la CNE (centrale des employés du privé, CSC) qui a su imposer une structure démocratique et de contrôle des permanents et permanentes. Du côté « socialiste », on ne peut que se réjouir du combat des cheminotes et cheminots bruxellois de la FGTB qui ont réussi à chasser les permanents inféodés au Parti socialiste (PS), qui sabotaient leurs luttes. La centrale est maintenant devenue l’une des plus combatives du pays et fait le réapprentissage de la démocratie des assemblées de base.

Vers l’autonomie du mouvement social

La tâche est immense et les militantes et militants communistes libertaires ont un rôle à y jouer. Alors qu’une partie du milieu libertaire belge se caractérise par une désertion des luttes sur le lieu de travail, une fraction de l’extrême gauche belge s’ingénie à évincer le PS afin de prendre sa place comme parti frère du syndicat. Il nous paraît évident que cela ne ferait que substituer des chaînes à une autre paire de chaînes. Il faut plutôt cultiver et renforcer cette volonté d’autonomie et d’indépendance qui est en train de germer au sein des grands syndicats ! Il nous faut renouer avec les traditions du syndicalisme révolutionnaire et de l’action directe !

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