De quoi Take Eat Easy est-il le nom ? Le rôle des plateformes de livraison dans l’évolution du capitalisme

Par Mancur Olson, des Free Riders

26967441621_ecdeaf3238_oDepuis quelques jours, la faillite de Take Eat Easy (TEE) fait les choux gras de la grande presse. Après  avoir fait l’apologie de cette nouvelle économie collaborative, les fonctionnaires de l’information du capital se retrouvent encore une fois surpris par un échec qui n’était pourtant pas si difficile à prédire. Nous ne reviendrons pas ici sur les conditions internes ou le fonctionnement de TEE, déjà traités par deux articles auxquels nous vous renvoyons (ici et ). Dans le présent article, nous tâcherons plutôt d’analyser les raisons de l’échec de TEE et aussi les dynamiques et les enseignements à retenir pour les révolutionnaires qui s’intéresseraient à ce type de société spécialisée et plus largement aux dynamiques du secteur de l’économie numérique.

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Publié dans économie collaborative, Capitalisme, Précarité, Résistance, technologie

Changer la société, sans se faire berner

Par Flo (AL Marne)

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Emma Goldman s’adressant à des ouvriers du textile à Union Square le 20 mai 1916.

Alors que la société capitaliste est en crise, la contestation est plus que jamais nécessaire. Mais elle peut prendre diverses formes plus ou moins productives… Entre le citoyennisme, le néoréformisme et le radicalisme autonome, les impasses et les chausse-trappes ne manquent pas. Décryptage.

Celles et ceux qui auront fréquenté Nuit debout à un moment ou à un autre du mouvement ont pu être confrontés à une grande variété de discours contestataires. Cetains paraissent novateurs, d’autres une simple resucée des vieilles lunes républiaines, parfois désarmants d’ingénuité, parfois très sophistiqués… Tous méritent d’être discutés.

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Août 1970 : Le Mouvement de libération des femmes, deuxième vague du féminisme

Par Anne Arden (AL Paris Nord-Est)

ob_0975df_rzvsenwLe 26 août 1970, un groupe de femmes vient déposer une gerbe de fleurs sous l’Arc de Triomphe à Paris en hommage à la femme du soldat inconnu, plus inconnue encore que lui, comme le proclame une banderole. Malgré une prompte intervention policière, cette action symbolique marque l’entrée du Mouvement de libération des femmes sur la scène féministe. Fédérant une nébuleuse de groupes féministes, le MLF entend renouveler ce mouvement, ses revendications et ses formes d’action, pour mener des luttes offensives contre le patriarcat.

Cette action s’inscrit en solidarité avec les grèves des femmes américaines, qui commémorent ce jour-là le 50e anniversaire de leur droit de vote, revendication phare du mouvement féministe, né au XIXe siècle pour l’égalité des droits entre hommes etfemmes. Sous l’Arc de Triomphe, les militantes féministes déploient une banderole qui rappelle qu’un homme sur deux est une femme et proclame, dans un tract : « maintenant, nous, femmes de toutes conditions, avons pris conscience de notre oppression et sommes résolues à nous unir pour lutter, à prendre en main notre libération. » [1] C’est en s’inspirant du Women’s Lib [2] américain, né dans les années 1960, que les journalistes attribuèrent cette action au « mouvement de libération de la femme », bientôt rectifié par les féministes en « mouvement de libération DES femmes ».

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Turquie : L’État, c’est le coup d’État ; la révolution, c’est la liberté

Par Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF, Action anarchiste révolutionnaire)

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Darbe Devlettir, Devrim Özgürlük (L’État, c’est le coup d’État ; la révolution, c’est la liberté)

Après l’échec du coup d’Etat militaire, le sultan Erdoğan Ier triomphe. Les mouvements sociaux et la gauche radicale sont restés neutres dans cette lutte de clans au sommet de l’Etat. Les anarchistes de DAF racontent la déferlante réactionnaire dans la rue.

Le coup d’Etat, qui a été une dimension latente de la politique d’État dans notre pays depuis le putsch de 1980, a ouvertement ressurgi au bout de trente-six ans, dans la nuit du 15 juillet 2016.


De nombreux bâtiments publics ont été bloqués pendant plusieurs heures, pendant la sédition militaire à Istanbul et à Ankara. Tout a commencé par une démonstration d’avions de combat à Ankara et par le blocage des ponts à Istanbul, puis s’est poursuivi avec la prise en otage du chef de l’état-major général, le vrombissement des chars et des coups de feu dans les rues. De nombreux bâtiments ont été frappés par les F16 et les hélicoptères, y compris le Parlement et le quartier général des services secrets. Il y a eu des échanges de tirs en de nombreux endroits entre l’armée et la police. Les programmes de la télévision publique ont été interrompus par la lecture de la déclaration du « Conseil pour la paix dans le pays », responsable du putsch.

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1936-1937 : les collectivisations dans la Révolution espagnole

Par AL Rouen

Espagne1936La guerre d’Espagne, ce fut aussi, durant les premiers mois, une immense vague de collectivisations d’usines et de terre, sous l’égide de la CNT-FAI.

En juillet 1936, les anarchistes ripostent au coup d’État du général Franco. La Généralité de Catalogne (gouvernement régional) refusant d’armer les ouvriers, la CNT diffuse le 17 juillet, par voie de tracts, des instructions de regroupement aux travailleurs. Le 18 juillet on apprend que le coup d’état est prévu pour le lendemain matin. La CNT prévient qu’elle va procéder à la réquisition des véhicules et des armes, tandis que les militaires se préparent au coup de force.

Le 19 juillet 1936, les ouvriers écrasent l’insurrection fasciste à Barcelone.

Cette victoire devant être mise à l’actif du mouvement libertaire, celui-ci se renforce encore et constitue la première force politique dans l’Espagne de 1936. Dès lors, c’est à une véritable révolution que l’on assiste, qui bouleverse profondément la vie de millions d’Espagnols. La collectivisation de très larges secteurs de l’industrie, des services et de l’agriculture constitua l’un des traits les plus marquants de cette révolution. C’est cette conception de la révolution que les libertaires devront défendre aussi bien face aux fascistes que face au gouvernement républicain où les Staliniens deviennent dominants.

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Tout bloquer devient vital

Par Alternative Libertaire Bruxelles
rainbowblockTout d’abord, il faut comprendre que nous considérons que plus aucune amélioration importante de notre existence ne peut être espérée dans le cadre capitaliste et son régime politique, la démocratie parlementaire. L’Europe connaît quasiment sans discontinuité depuis 40 ans une crise économique et sociale. Cette crise structurelle ne pourra jamais être résolue par un volontarisme politique qui accepterait les cadres de ce système : État, économie marchande et propriété privée.

Selon nous, cette impossibilité explique les échecs de Syriza, les renoncements de Podemos et de toutes les initiatives qui veulent explicitement ou non se poser comme nouvelle « gauche radicale ». La plupart de ces initiatives partent du principe que la crise du capitalisme provient de la mauvaise répartition des richesses et qu’en rééquilibrant la balance on pourrait à la fois relancer l’économie et permettre aux gens de vivre mieux. Nous nous opposons à cette croyance de possibilité de gestion alternative de la crise. C’est une erreur fondamentale de croire que la part de la richesse engloutie par le capital n’est pas nécessaire à sa propre survie. La question d’une solution par une meilleure répartition des fruits de l’économie ne nous paraît donc pas possible.

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Frédéric Lordon, de République à Nation

Par Benoit (AL Montpellier) pour Le Pressoir

Commons Wikipedia

Frédéric Lordon, né en 1962, est un économiste et philosophe français. Il semble qu’il se soit imposé, à Paris, comme l’un des inspirateurs, sur le plan théorique, du mouvement des Nuits Debout. Il se présente comme un intellectuel engagé, proche du peuple et des travailleurs exploités. Mais avant d’en venir à l’analyse du phénomène Lordon, voyons d’où il vient.

1985 : il sort ingénieur de la prestigieuse Ecole nationale des ponts et chaussées avant de poursuivre à l’Institut supérieur des affaires.
Il reconnaît lui-même qu’à cette époque, il n’avait qu’un objectif : gagner plein d’argent, devenir patron.

Puis, il renonce à ce projet, qui lui aura semblé un peu vain selon ses dires, pour choisir la voie des livres. D’abord électeur de droite, il passe chez les communistes et se tourne vers la recherche. Il choisit l’économie, désireux de prendre un point de vue critique sur le monde social.
Il a été proche de Jacques Sapir, puis il s’en est éloigné, en particulier lorsque celui-ci s’est rapproché des mouvements souverainistes d’extrême droite (Debout la France).

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