Solidarité avec les migrants : Calais, symbole d’une époque

Par Mattheo (AL Bruxelles)

10650022_721170464587056_2751718237084851204_nLa présence d’un grand nombre de migrants et migrantes à Calais en fait une place de choix pour les fachos de toutes espèces, pour qui le fantasme de « l’invasion africaine » devient enfin réalité. Pendant que les politiques européennes laissent pourrir la situation, les politicards démagos et plus ou moins racistes profitent de la situation…

Calais est le symptôme du capitalisme pourrissant qui tend à sombrer de plus en plus profondément dans la barbarie. Même dans une région sinistrée par la misère, la situation de Calais détonne par les drames humains qui s’y jouent. Des migrants et migrantes qui échouent dans cette petite ville dans l’espérance d’atteindre la terre promise anglaise. La belle citadelle européenne dans toute sa splendide froideur inhumaine. Ces personnes se retrouvent aux prises avec les politiques racistes et le harcèlement policier d’un gouvernement de gauche que n’aurait pas renié un autre de droite. Mais comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle bête immonde a fait son apparition, se nourrissant d’une société française encore structurée par le racisme et d’une pauvreté endémique. Un collectif prétendant parler au nom du petit peuple de Calais qui n’est rien d’autre qu’une façade, aux apparences respectables, d’une petite milice fasciste tout ce qu’il y a de classique. Ce n’est même pas comme si leur petit chefaillon s’en cachait puisqu’il s’est marqué du sceau de son infamie à même la peau, un svastika trônant fièrement sur sa poitrine. Ils prétendent « sauver Calais » en envoyant une jeune fille de 15 ans à l’hôpital car celle-ci venait en aide aux migrants, ou en attaquant, avec la malicieuse complicité de la maréchaussée, les squats de migrants.

La bataille de Calais

Le dimanche 7 septembre, toute la fine fleur de ceux qui veulent sauver la France en faisant couler le sang de ceux et celles qu’ils jugent coupable de la supposée décadence de nos sociétés, s’était donné rendez-vous à Calais. On a pu voir défiler à la tribune des ersatz de Mussolini appelant à la formation de milices pour se défendre de l’invasion des barbares et préserver leur France immaculée et fantasmée. Ce jour-là comme au quotidien, des gens se sont levés pour dire à non à l’inacceptable. Cette solidarité prend la forme d’un soutien sans faille aux migrants, un travail parfois ingrat. Cela passe aussi par une lutte sans merci pour tenir la rue à ceux qui veulent s’en prendre aux opprimés. Nous étions plus de cent cinquante à faire en sorte que les apprentis miliciens n’aient pas le champ libre pour mener leurs exactions habituelles. Eux sont restés confinés derrière des barrières protégés par les flics. Tels des hideux spectres dans une vitrine de musée, symbole d’un passé qui ne semble pas vouloir mourir et nous ramène dans un flot de barbarie. Calais est donc le symbole du pire de la nature humaine avec les politiques politicardes inhumaines, la vermine qui prolifère dans un climat qui lui est propice, les opprimé-e-s qui semblent destinés à se faire la guerre entre eux. C’est aussi l’expression du meilleur car c’est l’exemple même qu’aussi profonde soit la nuit il est toujours des gens pour se lever et allumer la flamme de l’espoir. Il importe de savoir si nous serons assez nombreux pour maintenir celle-ci et voir la fin des ténèbres.

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