Rail belge : Vive la grève !

Par Julien Clamence (AL BXL)

Aujourd’hui, il y a des femmes et des hommes qui font grève et qui érigent des piquets contre les attaques d’un gouvernement au service des puissants et riches. Ils tiennent tête au premier-médiocre Michel et à ses sbires. Ils tiennent tête aux patrons qui les méprisent du haut de leurs stock-options et de leurs salaires mirobolants. Ils tiennent tête aux médias qui les condamnent et vomissent sur leurs actions dès que l’occasion se présente. Ces femmes et ces hommes sont courageux. Leur résistance est un exemple pour tous ceux qui croient en la solidarité, à tous ceux qui savent qu’un monde meilleur, plus égalitaire et plus juste est possible.

Ils nous réapprennent une vérité fondamentale : le travail appartient à ceux qui se lèvent le matin pour faire fonctionner la société. Sans eux, pas de train, pas de tram, pas d’enveloppe dans nos boites aux lettres, pas d’école pour nos enfants, pas de ramassage de nos ordures… bref, pas de société. Le travail n’appartient pas aux patrons qui sucent le sang des travailleurs, il n’appartient pas au gouvernement qui manie la matraque pour faire rentrer les révoltés dans le rang. Il appartient aux femmes et aux hommes qui le font. Quand ceux-ci décident de s’arrêter, la machine sociale s’arrête avec eux.

Alors on les insulte, on prétend qu’ils sont égoïstes et qu’ils ne se battent que pour eux-mêmes. On les appelle « les privilégiés ». Mais, loin des tribunes de la presse, on a peur, oui peur ! On a peur que la grève devienne permanente et se transforme en combat à mort. La grève, qu’elle dure un jour, dix ou cent est la seule arme absolu des travailleurs, c’est leur manière de rappeler aux puissants qu’ils ne sont puissants que parce que des millions d’individus se démènent pour faire tourner le monde.

Alors oui, il faut crier : « Vive la grève ! » et être fier de se battre pour une société différente. Il faut s’entraider, faire d’une épreuve de force la preuve de notre solidarité en se soutenant les uns les autres.

C’est d’autant plus nécessaire que, de nos jours, on ne craint plus de casser les mouvements sociaux à coup de grenade lacrymogène. La répression est une réalité exponentielle : elle va s’accentuer, chaque année un peu plus, parce que les actionnaires doivent toucher leurs dividendes et que la liberté syndicale est un obstacle en travers de leur route. Les syndicats ne peuvent plus jouer la carte de la défensive, ils doivent réapprendre à se battre pour décrocher de nouvelles libertés, pour réduire le temps de travail, pour égaliser une société de plus en plus clivée, pour décapiter les systèmes de contrôle et de rémunérations aberrant mis en place par les patrons.

La lutte contre le front des possédants ne peut prendre que deux chemins. Nous pouvons attendre, supporter et regarder nos droits disparaître et nos services être privatisés. Ou alors, nous pouvons  rendre coup pour coup et réclamer l’égalité réelle contre les projets égoïstes des Michel, De Wever et consort. Aujourd’hui, des femmes et des hommes ont choisi de répondre à la violence sociale par la grève. Nous sommes avec eux, comme des centaines de milliers d’autres personnes à qui on ne donne jamais la parole.

Face à l’opprobre, il n’y a qu’une chose à dire : soyons fiers, nous sommes en grève !

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